Léo Fourneau, critique gastronomique dans les colonnes de Elle durant quinze ans, a décidé de passer à table suite à son départ du magazine féminin. Il a d'abord levé la serviette sur son pseudonyme pour avouer être Thierry Wolton. Dont les talents multiples évoquent irrésistiblement l'expression « manger à tous les râteliers » : ancien rédacteur à Libération, passé au Point, à Elle… écrivain et même historien, il a commis un livre sur le KGB en France, un autre sur « La Quatrième guerre mondiale »… Cramant sa couverture, avec ce « Bon appétit, messieurs ! » c'est à un lancer de brochettes acerbes sur ses confrères qu'il s'est attablé : celui-ci datant dans son guide de critiques gastronomiques plus de visites de restaurants qu'il n'est possible en un seul jour – à moins d'être un Gargantua très pressé –, cet autre bien incapable d'accomplir en une seule année les tournées commentées dans son opus annuel en douze petits mois… L'addition est salée, qui fait avaler aux uns leur carte de presse pour la dénonciation de leurs compromissions – leur indépendance étant prise en défaut faute de régler leurs repas – aux autres leurs toques parisiennes, aux puissants leur pouvoir sur la presse…
Succulent sûrement, si l'on considère que Wolton est aussi le dindon de la farce… Il avoue en effet la faiblesse d'avoir mis de l'eau dans son vin en écrivant parfois « tout le contraire de ce que je pensais (…) » (Source : Obs de Paris). Du reste l'arroseur se laisse éclabousser dans les commentaires de son blog…
Que cette mise en « cène » ne coupe pas l'appétit aux gourmets pour autant.
Fred